• Empathie et humanisme 01/06/2019

     

     

    Empathie et humanisme 01/06/2019

     

     

     

    Je viens de passer onze jours de calme, une calme lourde et énervante. Par chance le ciel était bleu et nous étions en phase de pleine lune. Onze jours.

    Hier soir, une bande de dauphins me porta le vent. Mon bateau naviguait à un rythme au moins perceptible. Les dauphins, qui   avançaient plus vite que moi, zigzaguaient devant ma proue pour ne pas trop s'éloigner du bateau et rester seuls devant.

    Je fais du pain à la poêle et le réussis très bon. Je lis la Nausée de Sartre et, un policier de J.H.Chasse. Les deux à la fois.

    Je dépasse le récif Ashmore. Le dernier obstacle avant l'Océan Indien. Je me trouve à presque quatre mille milles de ma prochaine escale.  L'océan s'ouvre devant moi, sans récifs, sans lignes de navigation et sans îles dangereuses. Pendant les prochaines semaines je pourrais dormir tranquille. Je pense à l'Indonésie car je n'ai pas prévu de m'arrêter ; mais je ne le regrette pas.

    Non. Je ne fais la collection de escales, ni des pays, ni des trophées. Non! Je cherche la vie, pour la savourer, en faisant attention de ne pas détruire ses secrets. L'Indonésie sera toujours là, et ça me permettra de rêver.

    Tout faire, tout, satisfait seulement notre vanité. La vanité est bien agréable et bouge presque tous les mécanismes de la vie. Mais toute chose faite par vanité perd son sens. L'âme dévient insensible. 

     

     

    Julio Villar / Cahier d'un Navigant Solitaire

     


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