• Empathie et humanisme 11

     

      

    Empathie et humanisme 11

     

     

     

         Très souvent je me demande pourquoi une traversée ne ressemble jamais à une autre. L'Atlantique fut une océane différente aux autres. Probablement parce qu'elle fut la première, ma découverte de la mer, ma rencontre avec moi même et la mer. À l'intérieur de ma jeunesse ou de ma vie, vingt jours à l'Atlantique devraient  ressembler à vingt jours au Pacifique ou à l' Océane Indien. Vingt jours de mer, de nuages et d'étoiles, n'est pas?.... Eh bien non.

     

                                   t h o n                                r i z

                                   r i z                                     t h o n

                                   r i z                                     r i z

                                   t h o n                                 t h o n

     

         Au bout d'un mois de mer j'ai croisé le cargo Florian Genowa. Il faisait route depuis le sud d'Afrique et allais vers le Détroit de la Sonda. Il m'a salué avec sa sirène en continuant sa route, mais au bout d'un moment, quand il commençait à s'éloigner, il a fait demi tour se dirigeant vers moi. Il a passé très près de mon bateau avec tout l'équipage sur le pont.

         Ce détail d'affection m'a rempli de réconfort. Ce bateau m'a offert la chaleur des hommes; une chaleur sincère envers moi. Après il a fait demi tour et continué sa route vers Sumatra.

         - Au revoir. Vous ne soupçonnais pas  le cadeau que vous venez de me faire. Merci.

     

                                 c r i   c r i                               d a u p h i n s

                                 p o i s s o n                            l u n e

                                 F l o r i a n                             G e n o w a

     

         Regardant les silhouettes et les noms sur les cartes, je rêve et m'exalte. Les noms évoquent des lieux jamais vus par moi et qui m'annoncent des nouveautés dans ma vie. Ainsi se construisent doucement mes états d'âme. Ceux que la planète me fait découvrir et ces moments que je vais partager  avec ces êtres dont je ferai connaissance. C'est aussi cela qui fait que les mers soient différentes entre elles.

     

         Mistral et moi naviguons sous un ciel peuplé par une nation de nuages blanches qui suivent leur reine. La nuit s'es posée sur le mât de mon bateau et a descendu lentement jusqu'à m'atteindre. Le jour se lève maintenant pour ceux qui aiment l'obscurité du jour et pour mes jeunes rêves.

     

     

    Julio Villar / cahier d'un navigant solitaire

     

                                   

                                 

     

                                 

     

                                  

                                    

     

     


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