• Empathie et humanisme 9

     

    Quand le soleil se cache et la température devient plus agréable, Sainte Hélène se réveille. Je connais tout le monde et tout le monde me connais. Parfois on m'appelle "spanish boy" et d'autres Julio. Je découvre dans leurs voix des sentiments simples, et parfois une tendresse instinctive, sensuelle.

    Les filles sont joyeuses, sans secrets ni mystères; nobles entre elles. Affamées d'amour et de tendresse, sensibles. Avec leurs étranges logiques de femmes.

    Dans cette petite île éloignée de toute terre habitée, il y a très peu d'hommes et, ceci est une situation difficile à vivre dans un climat tropicale. 

    "Hello sweet", "darling", "love", accompagnés d'une légère caresse, un regard insistant, gardant un peu plus longtemps ma main entre leurs mains, sont des expériences de chaque instant de la journée, aussi bien dans la rue que à l'entrée d'un commerce.

    Les femmes sont nombreuses à surgir de toutes parts, jolies, bronzées, chaleureuses, timides, mais prêtes à tout moment à sourire et, si possible, à offrir leur amour. 

    Sainte Hélène vit la nuit, respire la nuit, aime la nuit et, autant que possible, le jour aussi.

     

    Empathie et humanisme 9

     

    Plsfffsss...

    L'eau est fraiche, très fraîche. Je plonge depuis la cabine de mon bateau et je traverse cette délicieuse fraicheur avec mes mains ouvertes, les yeux fermés, le corps cintré et les pieds unis et tendus.

    Je nage vite, me laissant caresser par l'eau. M'arrête un instant secouant les cheveux et l'eau de mon visage, regardant derrière moi. Mon bateau est un petit voilier abandonné, flottant au beau milieu de l'océan. J'ai l'impression que la silhouette de ce petit point blanc se reflète tremblante dans le ciel.

    Je suis un étranger et je me promène avec les privilèges d'un vagabond anonyme. Je suis Julio Villar et, avec mes vingt et huit ans je suis bien dans ma peau. Mon présent souri à ma vie et tous deux sont d'accord et heureux sous la coupole de toutes mes dignités.  

     

     

    Julio Villar / Cahiers d'un navigant solitaire

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Août 2016 à 22:49

    Un magnifique texte ! J'aime vraiment beaucoup cette écriture fluide qui coule comme l'eau d'une rivière. Une lecture apaisante et revigorante en même temps.

    Merci pour ce beau partage.

    Bonne soirée !  smile

    Sérénita

      • Mercredi 3 Août 2016 à 01:02

        Merci Sérénita,

        Julio est parti un jour, avec sa liberté "à la rencontre des autres, sans aucun préjugé". La simplicité et la richesse de "ce voyage", sa beauté, son humanité, me paraissent aujourd'hui difficilement atteignables, tellement nos horizons s'assombrissent.

        Son expérience et son récit sont un cadeau pour toujours.

        À bientôt Sérénita.

        Amitiés.   

    2
    Samedi 22 Octobre 2016 à 11:08

    Cela donne envie d'aller à Saint Hélène en voilier. As tu rencontré le fantôme de Napoléon ?

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