• l'économie de la connaissance

     

     

    L'homme est déjà une espèce animale à prédominance urbaine: plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes de plus de 300.000 habitants, et sa croissance s'est accélérée depuis la fin du dernier millénaire; on prévois que ce pourcentage atteigne le 70% de la population mondiale en 2050.

    "Ce n'est serais un jeu de mots de dire que, nous sommes en train de vivre le tournant plus significatif de l'histoire de l'économie", signale le cabinet expert en études socioéconomiques McKinsey, dans un dossier sur le monde urbain. Car, non seulement la population se cumule dans les villes, mais encore la richesse se concentre de forme encore plus accélérée, de telle façon que, en ce moment même, le 23% de la population mondiale vit dans les 600 villes les plus dynamiques et, celles ci génèrent le 55% du PIB...ce pourcentage atteindra le 58% en 2025.  

    L'Agence des Nations Unies pour l'Habitat et le Développement Urbain Durable, souligne que la croissance urbaine accélérée est une conséquence, inattendue, du développement de l'économie de la connaissance. 

    "Nous pensions que les nouvelles technologies de l'information favoriseraient la décentralisation de ces emplois, mais il s'est produit le contraire: elles se concentrent dans les villes, ou en zones urbaines spécifiques, avec une grande qualité de vie, et créent des nouveaux secteurs économiques avec des emplois de haut valeur ajouté". 

    Ce phénomène fut bien décrit par le prix Nobel d'Economie, Paul Krugman, comme l'Economie de l'Agglomération: la valeur ajouté de l'emploi croît d'avantage selon la plus grande dimension de la ville. "Par exemple dans le secteur des finances: Nous avons Londres et 3 ou 4 autres villes. Il en va de même dans les secteurs leaders en croissance économique mondiale comme la biotechnologie, la génétique, le software ou l'intelligence artificielle".
     

    De fait, depuis le début de l'urbanisation européenne, pendant le bas Moyen Âge, les villes ont été le moteur de la croissance par sa capacité à attirer les investissements et les métiers qualifiés. "Pendant l'ère industrielle la relation entre croissance et taille de la ville, n'était pas aussi directe. Malgré que les prestataires de services se concentraient dans le centre des villes, l'industrie et leurs emplois restaient dans les zones périphériques". 

    Les plus grands changements de l'urbanisme, cependant, se produisent dans les pays en voies de développement, car "L'Europe s'urbanisa pendant le XXème siècle et, elle possède déjà le 75% de sa population concentré dans les grandes villes et, également dans les Etats Unis d'Amérique, qui possèdent le 82%". Cette croissance urbaine a été produite dans un premier temps par la migration des zones rurales envers la ville et, plus récemment par la migration internationale". Dans des nombreuses villes cohabitent les nouveaux riches avec des millions de pauvres installés dans des quartiers marginaux et bidons villes, générant ainsi des problèmes sociaux d'un genre nouveau.

    La dichotomie campagne-ville n'est pas nouvelle et, les différences entre ces deux communautés se sont réduites ces dernières décennies, parce que le monde rurale n'est plus isolé et leurs habitants connaissent bien la ville. De l'avis de Lopez Gay, les grandes différences aujourd'hui sont d'ordre démographique. "La ville attire les jeunes et, en particulier les mieux formés professionnellement, laissant ces dernières décennies les zones rurales dépeuplées et vieillissantes".   

    Dans les zones rurales habitent les populations moins qualifiés (17% des jeunes adultes possèdent une formation universitaire, face à 35% dans les villes de plus 100.000 habitants). Les citadins, de ce fait, sont plus jeunes, vivant souvent dans des foyers non traditionnels (monoparentaux, familles recomposées, en colocation etc...) possèdent une expérience personnelle ou familiale issue de l'émigration, de la diversité ethnique, plus ouverts aux déménagements, à voyager et, une projection personnelle et sociale moins locale. Néanmoins, intégrer cette diversité représente aussi une épreuve: éviter la ségrégation urbaine.

    Toutes les villes ne sont pas riches: en particulier celles des pays en développement, mais aussi les banlieues de Paris ou Bruxelles, où vivent des millions de personnes sans emploi ou avec des emplois à faible valeur ajouté. Il existe également un monde rural riche. Les zones subventionnées des Etats Unis et l'Europe, très mécanisées et innovatrices, même si la cohabitation  existe aussi avec des zones appauvries, de vieilles industries en déclin.  

     

     
    Rosa Salvador / La Vanguardia
     

     

     

     


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