• La fallace et nous

     

     

     Marie Breton

     

     

    Sommes nous d'accord avec Aristote ?

    Si le langage n'était pas ambigu et dépendant du contexte, s'il n'y aurait un "plan connotatif" différent pour chaque personne et inévitablement lié aux expériences individuelles, pratiquement il n'y aurait pas des fallaces (de la poésie non plus), car les fallaces seraient évidentes et resterait peu de place à l'ambiguïté. 

    Le premier à étudier les fallaces logiques et argumentaires fut Aristote. Cet étude le poussa à prendre conscience du danger des "malentendus". Un jour on lui demanda :  " Si tu pourrais demander aux Dieux un don qui bénéficierais l'humanité toute entière, quel serait t'il ? ". Il répondit : " Je demanderais que les mots aient la même signification pour tout le monde " .

    Si la fallacie est un argument qui parait valide mais qu'il ne l'est pas, le concept lui même et nécessairement imprécis, car il inclus des contenus aussi subjectifs et dépendants des circonstances comme " la ressemblance ou faux semblant " ; il n'est pas donc surprenant que le sujet aie suscité  un large débat dont par la magie du net, je publie quelques extraits :

    Betty Boop :

    Fallace " ad verecundiam "  ( ou fallace des parents ) :  parce que c'est moi qui le dit et point.

    Fallace " ad hominem "  ( ou fallace du " beau frère " ) : Si c'est ton frère qui le dit, c'est une connerie.  ( dans beaucoup d'endroits on considère cette affirmation presque comme une méthode scientifique, car elle s'avère souvent vraie ).

    Fallace " ceteris paribus " ( ou fallace de l'économiste ) : Si les taux descendent, la bourse monte.

    Fallace " ad ignoramtiam " ( ou fallace légale ) : Une personne est innocente jusqu'à la preuve du contraire.

    fallace " ad consecuentiam " ( ou fallace placebo ) : L'homéopathie est bonne parce qu'elle fonctionne sur moi. 

    Par rapport à la " fallace légale ",  il faut dire que la présomption d'innocence oblige, oui, à traiter les personnes comme si elles seraient innocentes, jusqu'à preuve du contraire ; mais ironies à part, être innocent et être traité comme innocent n'est pas exactement la même chose... ici la mention italienne : " Se non è vero, è ben trovato "   ( si non est vraie, c'est bien trouvé ). 

     

    Carlo Frabetti  / est écrivain et mathématicien, membre de l'Académie des Sciences à New York

     


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