• News / réflexions 1

     

    "Durant la majeure partie du XXème siècle, la production de nouveauté, en dépit de son caractère répétitif et de sa nullité, à souvent été vendue comme correspondant à l'image sociale d'un avenir plus évolué que le présent - ou d'un avenir qui, contrairement au présent, aurait enfin évolué-. Dans le cadre de la pensée qui caractérisait le milieu du XXème siècle, le produit que l'on achetait et que l'on intégrait à sa vie, se rattachait toujours vaguement à certaines évocations populaires d'une prospérité globale future : L'automatisation qui allait se substituer en douceur au travail humain, la conquête spatiale, l'éradication du crime et la maladie...   

     

     

    Même si cette foi était mal placée, on croyait au moins qu'il existait des solutions techniques à des problèmes irréductiblement humains. À présent le tempo accéléré du pseudo-changement détruit la perspective même d'une longue durée qui puisse être collectivement partagée pour anticiper, même de façon très nébuleuse, un futur autre que la réalité contemporaine. Le régime 24/7 repose sur des buts de compétitivité individuelle, de carrière, d'enrichissement matériel, de sécurité personnelle, et de confort acquis au dépens d'autrui. Le futur est si proche que l'on peut uniquement l'imaginer comme une continuation de la lutte pour le profit ou pour la survie dans le plus superficiels des présents." 

     

    Jonathan Crary / 24/7 Le capitalisme à l'assaut du sommeil. 


  • Commentaires

    1
    Jeudi 18 Février 2016 à 00:49

    Ce qui est décrit là est le rêve social absolu de toute une caste capitaliste ultra-libérale qui veut un monde peuplé de gens perdus dans l'immédiateté. En effet, l'obsession du présent conduit à ne plus envisager un futur et à réduire l'environnement à son portable ou son ordi, brisant du même coup les solidarités possibles en vrai avec d'autres individus incarnés, réels. On encourage et célèbre l'égocentrisme puis l'égoïsme... excellents moteurs pour implanter toujours + profondément dans les esprits l'idéologie du chacun pour soi dont tout notre système socio-économique a besoin pour exister. La machine informatique est au service de ceux qui l'ont créée : elle n'est là que pour asservir son client.

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