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    Comprendre le monde

     

    " La mémoire oubliée "

    II

     

              À travers la longue histoire de la pédagogie, le jeu chez l'enfant a été valorisé de différentes formes. En conséquence, ont évolué aussi les fondements de la pédagogie du jeu. Surtout, on essaya -et on essaie encore- de découvrir la signification du jeu sur l'enfant en développement, au delà même de l'acte de jouer.

               Le jeu est une forme basique sui generis de faire face aux différentes situations que la vie impose à l'être humain. Il prépare à l'activité individuelle ainsi que à l'intégration collective. Ses caractéristiques sont entre autres, agir pour résoudre et en accord à ses propres besoins, le déploiement du sens de l'initiative, la recherche de solutions novatrices et le développement de l'activité créatrice. 

               Cependant, ceci ne doit pas être seulement considéré avec le seul but d'augmenter la capacité de rendement. Pendant le jeu, l'enfant adopte attitudes décisives, qui auront une forte influence sur ses décisions de personne adulte. Jouer et apprendre constituent une unité inséparable. Néanmoins,  de la participation et l'appui des adultes dépendent en grande partie, que les enfants puisent profiter pleinement des possibilités que le jeu offre à leur développement.

                Jouer est une condition indispensable à la vie de l'enfant. Les enfants ont besoin de jouer; plus encore, dans certaines phases de leur évolution, le jeu constitue l'activité principale. Avec raison, nous sommes inquiets en observant un enfant qui joue peu ou pas. Parce que le jeu fécond qui se réalise pendant l'enfance, est sans doute la meilleure base pour une vie adulte saine et pleine.

     

     

    Hildegard Hetzer/El juego y los juguetes/Le jeu et les jouets 1978

     

     

     

     


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    Comprendre le monde

     Le Roi Shaka, fondateur de la nation Zouloue

     

     

    " La mémoire oubliée "

    I

     

    Peu de fois on trouvera une circonstance aussi exotique, comme le fait qu'un roman, change le cours de l'histoire. Les mines du roi Salomon, un des livres les plus lus de tous les temps, le fit.

    Son auteur, Henry Rider Haggard, étais né à Norfolk, dans une famille de l'aristocratie rurale en 1856, trois ans après un autre de ses illustres contemporains, Cecil Rodhes*. Son père, qui le considérait peu intelligent, déclina l'idée de l'envoyer faire ses études à Oxford ou Cambridge. Haggard fut envoyé par sa famille à une école de catégorie inférieure, à Ipswich, où le garçon s'intéressa à l'égyptologie. En 1875, le jeune Haggard préparait ses valises pour suivre ses études à Paris, quand le hasard croisa son chemin: un voisin de Norfolk, sir Henry Bulwer, fut nommé vice-gouverneur de la colonie sud-africaine de Natal (rebaptisée  KwaZulu-Natal depuis 1994. Une des provinces d'Afrique du Sud). Le père de Haggard décida de recommander son fils pour l'accompagner. Dans la tête du père, un garçon peu éclairé avait un futur incertain en Angleterre; peut être pourrais t'il devenir un bon fermier en Afrique.

    Personne n'imaginais que quelques années après, ce garçon peu doué pour les études, deviendrait l'écrivain anglais le plus réputé de son temps, aussi respecté et admiré que Ruydard Kipling. Haggard embarqua en juillet 1875 et s'installa à Pietermaritzburg, capitale administrative de Natal. Sous la protection du gouvernement de la colonie, commença très tôt à voyager par les territoires zoulous, peuple qu'il admirait. Voyagea aussi à Pretoria, où il eut l'honneur d'hisser le drapeau britannique quand  en 1877, Londres annexiona la jeune république boer.

    À vingt et un ans commença à écrire pour la presse londonienne et, ses chroniques africaines le donnèrent déjà  un petit renom dans la métropole. En 1879, s'offrit comme soldat volontaire pour l'expédition militaire de lord Chelmsford contre le roi zoulou Cestwayo, mais le gouverneur le refusa. Ceci le sauva sans doute de mourir à Insandlhwana. Il fut refusé également lors des révoltes du Transvaal pour obtenir l'indépendance.

    Déçu de sa vocation militaire, acheta une ferme à Newcastle, à trois cents vingt km. de Pretoria, pour se dédier à l'élevage des autruches. Fit un court voyage en Angleterre pour se marier en 1880 et, retourna à Newcastle quand sonnaient déjà les tambours de la première guerre boer. En 1881, après la bataille de Majuba Hill, se signa la paix entre boers et britanniques et, Londres reconnut l'indépendance du Transvaal (En 1994, le Transvaal est divisé en quatre nouvelles provinces : le Gauteng, le Mpumalanga, le Limpopo et le Nord-Ouest. Provinces d'Afrique du Sud).

    Sans doute, une grande déception pour le jeune Haggard, un fervent défenseur de la projection impérialiste de la Grande Bretagne, où il rentra après l'indépendance.

    Installé à Norfolk, décida d'écrire un livre, une sorte de chronique historique-politique de ses expériences africaines, qu'intitula Cestwayo et ses voisins blancs. Publié en 1883 sans aucun succès. À l'année suivante, écrivit deux nouvelles, À l'Aube et La tête de la sorcière, qui restèrent sur des très faibles ventes. Déçu à nouveau, songea à arrêter l'écriture.

    Mais en 1885  R.L. Stevenson publia un livre pour enfants, L'Île au Trésor, qui eut un grand succès. Haggard décida alors d'écrire lui aussi pour enfants. Acheva son livre en six semaines. Son livre réunissait: les légendes sur l'or du Grand Zimbabwe, la figure d'un grand chasseur blanc, Frederick Selous et, la tribu qu'il admirait, les zoulous. Dans le Grand Zimbabwe situa les mines d'Ophir, Selous devint Allan Quartermain et les zoulous, les kukuanas. Le roi kukuana fut baptisé dans la fiction comme Umbopa. Celui-ci avait son modèle dans la réalité: le fils d'un ancien roi Swazi, appelé Umslopogaas. 

    Publié en septembre de 1885 par Cassell, le même éditeur que le livre de Stevenson, Les Mines du Roi Salomon, fut une véritable bombe commerciale à l'époque, en Angleterre et aux États Unis. Suivirent Allan Quartermain 1887 et, la même année, sans doute la meilleure de ses nouvelles, Elle, toutes inspirées de l'Afrique.

    Ses livres mirent à rêver avec l'Afrique à toute la jeuneuse anglaise et américaine. De même que aux politiciens britanniques et européens pour étendre leurs empires africains. Donnèrent naissance à des entrepreneurs ambitieux et sans scrupules comme Cecil Rhodes, qui ne cessa dans son effort pour conquérir tout le continent pour exploiter ses richesses. Haggard fut avec Kipling, l'écrivain de l'Empire. Malgré son succès littéraire, regretta toujours ce qu'il croyait être sa grande destiné: une carrière dévouée à l'État et à l'armée, au projet du grand empire britannique.

    Son petit fils dit de lui: " Il étais beaucoup plus qu'un écrivain ". Il se trompait. Haggard fut bien moins qu'un grand écrivain et beaucoup plus qu'un bon soldat: avec sa plume, mit tous les regards sur l'Afrique et alimenta les racines de l'ambition impériale.

    La même année de sa mort, 1925, un écrivain français, André Gide, naviguait le fleuve Congo, suivant la stèle de Joseph Conrad. Gide, au contraire que Haggard, critiqua durement avec sa plume le colonialisme. Les livres de Haggard se publient encore par le monde en éditions pour enfants. Gide par contre, qui n'attint jamais autant de popularité parmi ses contemporains, reste vivant dans nos cœurs.

    Serait de la petite littérature, toute celle qui émane d'un sentiment de race supérieure ?

     

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    Cecil Rhodes 1853-1902: magnat de l'or et des diamants sud-africains. S'appropria dans son nom propre et celui de l'Angleterre de territoires entiers (Rhodésie, actuel Zimbabwe), menant des campagnes militaires avec une armée payée par ses propres deniers et, avec laquelle avait comme projet l'éradication des peuples indigènes par la mort ou l'esclavage.

    L'explorateur Pierre de Brazza 1852-1905: "découvrit" pour la France les territoires au nord du fleuve Congo.

    L'explorateur Henry Morton Stanley 1841-1904: "découvrit" pour le roi de Belgique les territoires au sud du fleuve Congo.

     

    "Ceci sont des faits historiques récents, qui par l'ampleur de leurs conséquences

    contribuèrent à établir les bases du monde contemporain, économique et politiquement."

     

     

    Extrait du livre " Vagabundo en Africa" / Javier Reverte

     

     

     


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    Empathie et humanisme 11

     

     

     

         Très souvent je me demande pourquoi une traversée ne ressemble jamais à une autre. L'Atlantique fut une océane différente aux autres. Probablement parce qu'elle fut la première, ma découverte de la mer, ma rencontre avec moi même et la mer. À l'intérieur de ma jeunesse ou de ma vie, vingt jours à l'Atlantique devraient  ressembler à vingt jours au Pacifique ou à l' Océane Indien. Vingt jours de mer, de nuages et d'étoiles, n'est pas?.... Eh bien non.

     

                                   t h o n                                r i z

                                   r i z                                     t h o n

                                   r i z                                     r i z

                                   t h o n                                 t h o n

     

         Au bout d'un mois de mer j'ai croisé le cargo Florian Genowa. Il faisait route depuis le sud d'Afrique et allais vers le Détroit de la Sonda. Il m'a salué avec sa sirène en continuant sa route, mais au bout d'un moment, quand il commençait à s'éloigner, il a fait demi tour se dirigeant vers moi. Il a passé très près de mon bateau avec tout l'équipage sur le pont.

         Ce détail d'affection m'a rempli de réconfort. Ce bateau m'a offert la chaleur des hommes; une chaleur sincère envers moi. Après il a fait demi tour et continué sa route vers Sumatra.

         - Au revoir. Vous ne soupçonnais pas  le cadeau que vous venez de me faire. Merci.

     

                                 c r i   c r i                               d a u p h i n s

                                 p o i s s o n                            l u n e

                                 F l o r i a n                             G e n o w a

     

         Regardant les silhouettes et les noms sur les cartes, je rêve et m'exalte. Les noms évoquent des lieux jamais vus par moi et qui m'annoncent des nouveautés dans ma vie. Ainsi se construisent doucement mes états d'âme. Ceux que la planète me fait découvrir et ces moments que je vais partager  avec ces êtres dont je ferai connaissance. C'est aussi cela qui fait que les mers soient différentes entre elles.

     

         Mistral et moi naviguons sous un ciel peuplé par une nation de nuages blanches qui suivent leur reine. La nuit s'es posée sur le mât de mon bateau et a descendu lentement jusqu'à m'atteindre. Le jour se lève maintenant pour ceux qui aiment l'obscurité du jour et pour mes jeunes rêves.

     

     

    Julio Villar / cahier d'un navigant solitaire

     

                                   

                                 

     

                                 

     

                                  

                                    

     

     


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    Notre cerveau a un potentiel énorme pour ressentir le bonheur.

    Bonheur ?

     Le bonheur est lié à la capacité cérébrale. Frederick Travis et moi nous étudions depuis 40 ans, le rendement de personnes représentatives sur trois disciplines:  exécutifs de haut niveau, sportifs et musiciens.

    Et ?

      Ils possèdent une motivation naturelle qui les amène a chercher la signification des choses, l'expression d'eux mêmes et la paix intérieur. Pour ces personnes les motivations externes sont secondaires; ils ne cherchent pas l'argent, ni le pouvoir, ni la réussite sociale.  

    Nos études se basent sur ces paramètres: le sociale, en relation au travail choisi; les autres appartiennent à chacun d'entre nous et nous les mesurons par neuro technologie et chimie cérébrale et les ondes alfa.   

    Nous étudions spécialement: le raisonnement morale, la capacité créative, l'intelligence et le nombre d'expériences marquantes.

      Expériences marquantes ?

    Celles que nous ressentons comme des moments heureux et pleins que, souvent, nous percevons comme le résultat d'un rendement ou dévouement optimum.

    Et les ondes alfa ?

    Elles apparaissent quand nous sommes très détendus mais bien éveillés, ce qui produit une grande créativité avec un haut rendement. 

    Pendant nos test nous avons décelé deux groupes de personnes. Ceux qui produisent un haut rendement et, celles qui cherchent le control. Ces dernières mobilisent leurs neurones beaucoup plus vite, gaspillant ainsi une grande quantité d'énergie mentale.

    Nous avons découvert que les personnes à haut rendement possèdent bien plus de cohérence que celles qui cherchent le control, c'est à dire que la fréquence des ondes alfa , la connexion entre les différents points du cerveau et la réponse à la stimulation, est très supérieur, ainsi que leur mémoire et leur vocabulaire.

    Et le raisonnement morale ?

    Si tes valeurs moraux sont élevés, tu penses d'avantage aux autres quand tu fais tes choix. Les personnes de haut rendement cérébrale possèdent très souvent des forts valeurs moraux. Leur vie est souvent en adéquation avec leurs convictions intimes. Elles se trouvent en majeure harmonie avec les exigences de la vie.  

    C'est donc la faute à l'argent, l'ambition ?

    L'ambition démesurée nous amène à confondre la valeur et le prix. Concernant l'argent, le problème est ce que nous sommes prêts à faire pour l'obtenir.

    Pouvons nous agir sur nous mêmes pour nous améliorer ?

    Nos études montrent que les grandes personnalités on vécu un grand nombre d'expériences marquantes. En particulier les musiciens. C'est comme si l'intérieur de certains musiciens serait toujours en expansion. Ils doivent ressentir la totalité de l'orchestre et tout le publique à travers eux mêmes. Pour réussir cela ils développent une grande sensibilité, dont une grande partie va vers les autres et revient à eux pendant le jeu. C'est très enrichissant comme expérience. C'est très proche à un acte d'amour.

    Je suis envieux...

    C'est à la porté de tous. Il y a trois facteurs déterminants: le développement pensée-cerveau, le talent, et la pratique, mais celle ci ne représente que 20% .

    Et l'éducation ?

    D'après un méta étude sur des millions de personnes, l'éducation est un facteur de faible importance et, l'âge irrelevante. Nous venons tous au monde avec le talent de pouvoir développer la relation pensée-cerveau. 

     

     

    Harald Harung est norvégien et docteur en philosophie à l'université d'Oslo.

    Ima Sanchís/ La Vanguardia

     

     


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    Che ou l'art des modèles

     Lorraine / Serenity

     

     

    Ingénierie du vivant  II

     

     

    Che est un mot aussi plurivoque que notre "énergie". Il désigne une configuration dynamique relevant aussi bien de la nature que de l'art de la calligraphie, de la composition poétique, du gouvernement et de la guerre. L'utilisation de ce mot contredit pour la pensée chinoise toute possibilité d'opposer phusis et technè, spontanéité et manipulation, soumission et action, conformisme et efficacité et ce, qu'il s'agisse du gouvernement des humains ou du grand dispositif cosmique. En effet, che implique aussi bien la disposition des choses, des personnages d'une intrigue, des rapports de force politiques ou militaires.

    L'art du che méprise la violence non parce qu'elle irait à l'encontre d'un idéal moral, mais parce qu'elle n'est pas efficace ; car elle signe l'échec puis qu'elle s'oppose à la propension des choses au lieu de confirmer leur orientation.

    Les Chinois auraient sans doute immédiatement compris cet énoncé de Kauffman: "L'évolution n'est pas seulement le hasard saisi en plein vol. Elle n'est pas seulement un bricolage de situations factuelles. Elle est ordre émergent, respecté et amélioré par la sélection". 

    L'évolution darwinienne requiert l'existence préalable des vivants. L'ensemble des raisonnements qu'elle met en place la présuppose. Elle fait donc le pari que l'évolution biologique n'a pas besoin, pour poser son propre problème, qu'une solution soit apportée à la question de l'origine de la vie.

     

     

    Isabelle Stengers / La vie et l'artifice: visages de l'émergence

     

    * Che : Stengers fait bien référence au terme che (ne pas confondre avec chi).  Terme étudié par

    François Jullien dans son livre sur la civilisation chinoise "La propension des choses"


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