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    Entropie

    Peter Stewart

     

     

    "L'enfant et l'homme de la rue croient que l'accès au réel est immédiat: l'idée de l'existence de ce caillou ou de cette chaise leur paraît claire et évidente et ils ne conçoivent guère que puise être mise en cause son caractère d'absolu et, même s'ils croient aux contes de fées."

    B. d'Espagnat

     

    "Le terme d'entropie est une notion abstraite empruntée au courant systémique. Il désigne le degré d'incertitude ou de désordre dans l'arrangement des éléments du système que constitue une organisation."

    Jean Heutte

     

    "Il faut donc organiser notre société sans la nécessité du recours à la majorité, et donc de manière à ce que les bonnes volontés (sources d'énergie) puissent s'exprimer individuellement ou en minorités. Travailler à un niveau plus faible d'entropie, pour pouvoir en récupérer les fruits. La liberté individuelle est peut-être trop récente pour que nous ayons les bons outils pour en profiter."

    Liger/Agora Vox 

     

     

     

     

     

     

     


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    " Si je dois choisir entre justice et vérité, je choisis la vérité "

     

    Le pire est déjà arrivé?

    Oui. La peur et la furie collective des jeunes à cause de notre indolence face au changement climatique sont totalement justifiés. Moi, je ne vivrai pour subir cette catastrophe, mais eux oui.

    Vous n'est pas très encourageant

    Parler d'optimisme dans un moment où personne ne sait changer le système politique pour affronter ce qui nous tombe dessus me paraît enfantin.

    Le pessimisme paralyse

    Pour moi l'important c'est la vérité, pas ses effets. Si je dois choisir entre justice et vérité, je choisis toujours la vérité. Je refuse de participer à des mensonges utiles.

    Il y a des solutions, il faut les appliquer

    Il y a des propositions intéressantes, c'est vraie, mais je doute qu'elles soient suffisantes et que nous soyons capables de les appliquer dans les grandes villes pauvres du monde. La solution n'est pas de changer Barcelone sinon Delhi et Mexique DF.

    Vous avez documenté l'horreur partout dans le monde pendant 15 ans. Vous avez compris quoi?

    Que le monde est un abattoir.

    Pourquoi la espèce humaine est comme ça?

    Je ne crois pas dans le mal absolu ni dans la bonté absolue. Dans les situations difficiles la conduite des être humains est peu admirable.

    Il y a des exceptions

    Oui, mais on ne peut pas construire un monde avec les exceptions. L'existence est ambigüe.

    À quelles conclusions est vous arrivé?

    Que le monde n'est blanc ni noir; il est gris. Walter Benjamin écrivit qu'il n'y a pas un seul document de culture, qu'il ne soit pas à la fois un document de barbarie ; je partage cette vision. 

    Mais il y a des raison pour l'optimisme. Les démocraties sont plus nombreuses que jamais.

    En termes de pays oui, en termes de population non. Steven Pynker dit que les personnes comme moi n'assument les chiffres positives.

    Pynker, l'optimiste professeur d'Oxford, votre antagoniste

    Les gens comme lui parlent du succès de la création de la Cour Pénal Internationale, avec 123 pays signataires du traité de Rome, mais ne dissent pas que 66% de la population mondiale vit dans les 70 pays qui ne l'ont pas signé et, que 70% des armes du monde se trouvent la bas. Et la CPI juge surtout à ceux qui n'ont pas des amis riches.

    Les maladies et famines sont fortement réduites dans le monde

    Nous verrons si cela perdure avec les catastrophes naturelles. Une autre donné : bon nombre de succès en termes de développement se sont produits dans des pays autoritaires. Le monde est ambigüe.

    Les chiffres des morts dans les guerres ont diminuée

    Mais en ce moment ils remontent. Encore, je ne suis pas un déterministe du progrès; ces derniers 70 ans nous avons connu du progrès en termes de paix, mais les choses ne vont pas rester comme ça nécessairement. 

    Sont les oenegés ce que nous avons fait de mieux?

    Je pense que les oenegés en général non, mais je porte une admiration sans limites vers les oenegés humanitaires. Elles font un travail extraordinaire. Mais n'est pas un travail de transformation sinon de soulagement du monde.

    Tous les coopérants veulent changer le monde

    Comme le dixit l'ex secrétaire d'ACNUR, Sadako Ogata, il n'existent pas des solutions humanitaires pour problèmes humanitaires. Il est difficile d'admettre que ne pouvons faire d'avantage pour soulager et, c'est la raison pour laquelle le mouvement des droits humains et leurs actions sont erronées. 

    Expliquez vous

    Les deux projets s'opposent. Le militant des droits humains doit être inflexible avec l'accomplissement des droits humanitaires, mais l'acteur humanitaire doit négocier souvent avec les bourreaux pour accéder aux victimes pour pouvoir les aider. 

    Je comprends

    Mon argument est le même que le poème de Brecht "refuge nocturne", qui dit que prêter un lit pour une nuit est un acte admirable, mais qui ne changera pas le monde. La seule solution est politique et, c'est bien la que les citoyens pouvons influencer.

    L'espèce humaine ne progresse pas?

    Je ne réfléchis pas comme ça. La vie c'est la vie. Je ne crois pas que l'histoire aie un sens, ou que nous avancions vers un monde meilleur, un monde idéal, un paradis. Ceci est l'interprétation laïque d'une vision religieuse. Personne ne viendra nous sauver. Mais il y a des bonnes choses dans ce monde et des personnes excellentes. Pour moi c'est suffisant.

    Il a été difficile pour vous de rester objectif devant la barbarie?

    Parler de gentils et méchants pendant les guerres est une erreur, mais il y a des exceptions. J'ai seulement perdu une fois mon objectivité et ce fut dans le cas de la Bosnie.

    Les grands organismes internationaux, ont échoué? 

    Sont les produits des désirs des pays puissants. Je crois que l'ONU a son échec inscrit dans son ADN, parce que les pays puissants l'ont voulut comme ça : un organisme sans pouvoir, sans capacité pour intervenir ou changer le système globale.

    Que fais bouger le monde?

    La grande poétesse polaque, Wislawa  Szymborska, pendant les derniers années de sa vie, disait toujours : " je ne sais pas est devenue ma phrase favorite " et, je peux vous dire que je m'identifie avec elle.

     

     

    David Rieff (Boston 1953)  historien, politologue et essayiste 

    Ima Sanchís / La Vanguardia 18/07/2019

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Bien voir pour bien comprendre

     

             À partir de l'instant même que nous ouvrons les yeux par première fois venant au monde, celui ci déroule en une cascade d'informations, groupes d'informations, créant ponctuellement des évènements. D'abord dans notre cerveau, avant que nous ayons conscience de notre propre identité et apparaissent les mots "moi", "je", nous sommes notre cerveau et agissons avec nos sens, selon les riches perceptions qu'il met à notre disposition et qui structureront progressivement nos propres pensées, entremêlant celles ci à l'espace vital environnant. L'intégration commence

              S'intégrer c'est participer en harmonisant ce faisceau d'informations que nous produisons, à celles que nous percevons des autres : "toi", "vous", "eux". Ridley pensait que nous avons tous une signature cérébral personnelle et intransférable qui détermine notre capacité à nous intégrer au monde environnant en l'acceptant ou en le refusant selon une échelle plus ou moins large, plus ou moins vaste. Pour Ridley, la personne qui venait au monde, portait en même temps un "nouveau monde" dans son cerveau, plus ou moins actif et ouvert vers l'extérieur, plus ou moins réactif et tourné vers l'intérieur. 

              Plus tard, avec la rencontre de H. Pearson, mirent ensemble les groupes de travail sous diferentes techniques et influences : hypnose, lsd, d'eux mêmes ou des groupes d'élèves de leur université. Ces séances furent à l'origine de la création des tableaux graphiques qui portent leur nom et, qui cherchent à exprimer de forme graphique le mode de fonctionnement du cerveau humain.

              Pour eux, les cerveaux spécialisés ou "complets", émergent des "actifs" et "réactifs" en unifiant les deux en un troisième qui sublime les qualités des antérieurs en minimisant leurs divergences, démultipliant ainsi la compréhension et le partage du monde environnant. Le fil continu de réalité produite, doit " être vu et mémorisé pour être compris ". 

     

     

             La vidéo du saut de Fosbury peut servir pour illustrer cet article. Depuis toujours les athlètes qui rivalisaient dans la discipline du saut d'hauteur, utilisaient la méthode du "rouleau ventral" ou ciseaux pour dépasser la barre, jusqu'à les Jeux Olympiques de 1968 au Mexique, pendant lesquels Dick Fosbury montra au monde entier le saut qui porte depuis son nom, avec la méthode "rouleau dorsale" ou "Fosbury Flop". Il remporta la médaille d'or et depuis, sa technique es la seule a être utilisée par tous les sauteurs.

      

     

     Ingénierie du vivant V

     

              Les deux outils de cette cette dernière illustration représentent le concept lié au mouvement dans l'espace. Tous deux sont utilisés pour transformer un mouvement "en un autre mouvement" . Le premier par la démultiplication de la souplesse et l'adaptation ; le second par la démultiplication de la force. Les deux sont le résultat d'une observation très précise de leur potentielle existence et application, avant d'y être créés. Leur mise à point est le résultat de l'habilité de nos cerveaux pour bien voir et bien comprendre. 


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    Empathie et humanisme 01/06/2019

     

     

     

    Je viens de passer onze jours de calme, une calme lourde et énervante. Par chance le ciel était bleu et nous étions en phase de pleine lune. Onze jours.

    Hier soir, une bande de dauphins me porta le vent. Mon bateau naviguait à un rythme au moins perceptible. Les dauphins, qui   avançaient plus vite que moi, zigzaguaient devant ma proue pour ne pas trop s'éloigner du bateau et rester seuls devant.

    Je fais du pain à la poêle et le réussis très bon. Je lis la Nausée de Sartre et, un policier de J.H.Chasse. Les deux à la fois.

    Je dépasse le récif Ashmore. Le dernier obstacle avant l'Océan Indien. Je me trouve à presque quatre mille milles de ma prochaine escale.  L'océan s'ouvre devant moi, sans récifs, sans lignes de navigation et sans îles dangereuses. Pendant les prochaines semaines je pourrais dormir tranquille. Je pense à l'Indonésie car je n'ai pas prévu de m'arrêter ; mais je ne le regrette pas.

    Non. Je ne fais la collection de escales, ni des pays, ni des trophées. Non! Je cherche la vie, pour la savourer, en faisant attention de ne pas détruire ses secrets. L'Indonésie sera toujours là, et ça me permettra de rêver.

    Tout faire, tout, satisfait seulement notre vanité. La vanité est bien agréable et bouge presque tous les mécanismes de la vie. Mais toute chose faite par vanité perd son sens. L'âme dévient insensible. 

     

     

    Julio Villar / Cahier d'un Navigant Solitaire

     


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    Masum Khan

     

     

        Jusqu'au début du XXI siècle, l'Europe a ignore son déclin démographique  et les défis qu'allait lui poser le vieillissement rapide de ses populations. Le renversement de la pyramide des âges en Italie, en Allemagne, en Espagne et en Grèce, où le nombre des personnes âgées de plus de soixante ans dépasse celui de moins de vingt ans pour première fois dans leur histoire, n'a retenu l'attention que de quelques démographes et, et encore un nombre plus réduit de politiciens. 

         Au niveau européen, un scénario appelé "Convergence" a été élaboré pour la période 2010-2060. Son ambition est de compenser largement une perte escomptée de 70 millions d'habitants au cours de ce demi-siècle en faisant passer la population de 501 millions en 2010 à 517 millions en 2060. À cette fin, le scénario table sur la venue de 86 millions de migrants, soit 1.720.000 par an - un chiffre comparable à l'afflux record de 2015. 

         Elle part des défis européens - sans apport extérieur, l'Allemagne perdrait 24 millions d'habitants, soit 29% de sa population actuelle, l'Italie 15 millions d'habitants (25%) et l'Espagne 8 millions (18%) - pour trouver la solution aux défis diamétralement opposés auxquels doit faire face l'Afrique sud saharienne. 

         Les démographes de l'ONU ont également scénarisé plusieurs hypothèses d'avenir dans un rapport publié en 2000, Migration de remplacement: est-ce une solution pour les populations en déclin et vieillissantes ?  Leurs projections étaient légitimes et instructives. Ils anticipaient que, pour maintenir la population de l'UE au niveau qui était le sien en 1995, l'Europe communautaire devrait faire venir 949.000 immigrés de plus qu'au cours de la décennie 1990 (857.000). Pour stabiliser sa population active, elle devrait accueillir 1.6 millions d'étrangers par an, soit presque le double des années 1990. Enfin, si elle cherchait à maintenir au même niveau la proportion des actifs et des dépendants, elle devrait accueillir chaque année 13.millions de nouveaux venus. En 2050, les trois quarts de sa population seraient alors des Africains ou des enfants d'Africains -" des chiffres de toute évidence politiquement inacceptables dans tous les pays européens " -, précisent les auteurs du rapport.

         Relever l'âge de départ à la retraite à 69 ans, pourrait contenir cette nécessité de remplacement à 30.000 nouveaux arrivants par an, ce qui desserrerait la contrainte démographique pour la France par exemple.

         Mais, pour ces mêmes experts, il n'y a pas de contrainte du tout ;  l'immigration massive de jeunes Africains n'est ni nécessaire ni utile pour une raison impérative : leur venue n'améliorerait en rien le ratio de dépendance sur le Vieux Continent, car les migrants adultes aideraient à financer le système des retraites avec leurs cotisations, mais compte tenu de leurs familles qui sont, en moyenne plus nombreuses, le gain auprès des retraités serait compensé par le coût de scolarisation, formation, soins, etc.

         En fait, la soi-disant "contrainte démographique" est une mystification (Paul Collier). La venue de bras et de cerveaux socialise une partie du coût du travail que le contribuable supporte, à travers l'État, pour accueillir l'immigré, alors que l'employeur privatise le profit tiré de la main-d'œuvre étrangère. Aussi, les besoins de "Convergence" dans les pays européens différent entre eux.

     

         L'immigration massive a remplacé le chômage, la crise écologique, la stabilité économique, comme une des principales préoccupations des européens, comme nous avons put le constater lors des dernières élections dans les différents pays, avec l'apparition de populismes grandissants et autres politiques protectionnistes (EE.UU). Parmi les pays fortement industrialises, le Japon, fait à nouveau le choix radical de "l'entre soi", limitant farouchement l'immigration dans son territoire et, s'est déjà déclaré fervent croyant de la révolution 5.0, dont son gouvernement a jeté son dévolu économique et sociale pour les 30 prochaines années. À suivre...  

     

     

    Extraits du livre "La Ruée vers l'Europe" / Stephen Smith    

         


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