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     Marie Breton

     

     

    Sommes nous d'accord avec Aristote ?

    Si le langage n'était pas ambigu et dépendant du contexte, s'il n'y aurait un "plan connotatif" différent pour chaque personne et inévitablement lié aux expériences individuelles, pratiquement il n'y aurait pas des fallaces (de la poésie non plus), car les fallaces seraient évidentes et resterait peu de place à l'ambiguïté. 

    Le premier à étudier les fallaces logiques et argumentaires fut Aristote. Cet étude le poussa à prendre conscience du danger des "malentendus". Un jour on lui demanda :  " Si tu pourrais demander aux Dieux un don qui bénéficierais l'humanité toute entière, quel serait t'il ? ". Il répondit : " Je demanderais que les mots aient la même signification pour tout le monde " .

    Si la fallacie est un argument qui parait valide mais qu'il ne l'est pas, le concept lui même et nécessairement imprécis, car il inclus des contenus aussi subjectifs et dépendants des circonstances comme " la ressemblance ou faux semblant " ; il n'est pas donc surprenant que le sujet aie suscité  un large débat dont par la magie du net, je publie quelques extraits :

    Betty Boop :

    Fallace " ad verecundiam "  ( ou fallace des parents ) :  parce que c'est moi qui le dit et point.

    Fallace " ad hominem "  ( ou fallace du " beau frère " ) : Si c'est ton frère qui le dit, c'est une connerie.  ( dans beaucoup d'endroits on considère cette affirmation presque comme une méthode scientifique, car elle s'avère souvent vraie ).

    Fallace " ceteris paribus " ( ou fallace de l'économiste ) : Si les taux descendent, la bourse monte.

    Fallace " ad ignoramtiam " ( ou fallace légale ) : Une personne est innocente jusqu'à la preuve du contraire.

    fallace " ad consecuentiam " ( ou fallace placebo ) : L'homéopathie est bonne parce qu'elle fonctionne sur moi. 

    Par rapport à la " fallace légale ",  il faut dire que la présomption d'innocence oblige, oui, à traiter les personnes comme si elles seraient innocentes, jusqu'à preuve du contraire ; mais ironies à part, être innocent et être traité comme innocent n'est pas exactement la même chose... ici la mention italienne : " Se non è vero, è ben trovato "   ( si non est vraie, c'est bien trouvé ). 

     

    Carlo Frabetti  / est écrivain et mathématicien, membre de l'Académie des Sciences à New York

     


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     photo Domingo Leiva

     

    Si vous venez d'un autre continent et parcourez l'Europe Occidentale, particulièrement en été, vous serez surpris par la richesse et la beauté du continent, ainsi que par sa qualité de vie. Ce dernier trait est moins visible aux Etats Unis (malgré une richesse plus élevée par habitant), car le pays est plus grand et la densité de population est moindre. Le spectacle visuel en Europe est impressionnant, avec les campagnes parfaitement entretenues, saupoudrées de châteaux, musées, excellents restaurants avec wifi, partout en France, Italie ou l'Espagne.    

    Aucun peuple dans l'histoire a aussi bien vécu que les européens occidentaux aujourd'hui ; en particulier les italiens. Et malgré cela, il y a dans tout le continent un profond mal être, même en Italie. Un mécontentement par le fonctionnement de la politique européenne, l'immigration, les perspectives pour les jeunes, la précarité du travail, la pression de la main d'œuvre asiatique, moins chère, ou le rythme trépident des créatives start-ups américaines.

    Mais ce que la prospérité européenne met à découvert en particulier, ce sont les "maux des riches". Le premier problème pour les riches est lié à l'immigration. Le fait que l'Union Européenne soit aussi prospère et pacifique en comparaison avec les voisins de l'Est, Ukraine, Moldavie, les Balkans, Turquie et, surtout le Proche Orient et l'Afrique, fait de l'Europe un destin évident pour les immigrants.

    Dans l'actualité le PIB par habitant dans les 15 membres de l'ancienne UE d'un côté et, le Proche Orient et l'Afrique de l'autre, ne pas seulement immense, mais elle a même augmentée. Un peu moins de 40.000 dollars en Europe ; 3.500 dollars en Afrique subsaharienne (11 fois moins). En 1970, le PIB par habitant de l'Europe étais à 18.000 dollars et, celui de l'Afrique subsaharienne à 2.600 dollars (7 fois moins).

    Etant donné que les habitants d'Afrique peuvent multiplier ses revenus par 10 venant chez les européens, on peut comprendre que malgré la dangerosité du chemin, ils arrivent en masse. Que ferais t'il un hollandais s'il pourrais multiplier par 10 ses revenus en Nouvelle Zélande. Sans oublier que beaucoup parmi les migrants vivent des situations chaotiques sur les lieux d'origines, liés au climat et les guerres.

    Dans un tel contexte, la pression migratoire augmentera pendant les prochains 50 ans et, même s'il est prévu que la croissance en Afrique deviendra équivalente à l'européenne (c'est à dire, à un rythme supérieur). De même que le nombre des migrants sera en augmentation. la croissance démographique africaine double celle de l'Europe : 1000 millions contre 500 millions. Les prévisions à 30 ans est de 2.200 millions contre toujours 500 millions.

    L'immigration créée des pressions politiques et sociales insoutenables dans les pays européens. Tout le système politique est sous le shock. Les exemples les plus violents : les décisions prises par l'Autriche et l'Hongrie de construire des murs. Le retour de la droite en Suède, Hollande et le Danemark ; la renaissance du nationalisme grec, l'arrivée au parlement de l' AFD en Allemagne. Les récents refus de l'Italie d'accueillir des bateaux d'immigrés.

    Mais une autre question de poids qui nourrit le mal être politique en Europe, ce sont les inégalités des revenus et richesses. C'est l'autre "mal des riches". La richesse des pays dont la rente annuel par personne augmente pendant des décennies successives, ne se fait pas de façon proportionnelle aux rentes, sinon qu'elle s'accroît d'avantage. Les raisons sont bien l'épargne et le cumul de richesse.  La Suisse n'est pas seulement un pays plus riche que l'Inde par sa production annuelle de biens et services (50 à 1), sinon qu'elle est encore plus riche en fonction de la richesse par adulte (presque 100 à 1).  

    Ce qui fait que la relation entre richesse et revenus augmente à mesure que les pays deviennent plus prospères, c'est que le volume des rentes par habitant augmente plus vite que le PIB (Produit Intérieur Brute). Quand la richesse est très concentrée, comme dans les pays riches, l'augmentation des valeurs des capitaux sur la production, génère de forme presque automatique les inégalités entre les revenus des personnes.   

    Plus simplement La source de revenus partagée de façon plus inégalitaire (bénéfices & dividendes, taux d'intérêts) augmente plus vite que la source de revenus partagée de façon moins inégalitaire (salaires). Ce serais donc la croissance même qui créerait  les inégalités. Il est évident qu'il faudrait une véritable volonté politique pour empêcher ces différences trop importantes.

    Le problème c'est qu'en Europe, comme aux Etats Unis, manque une véritable volonté politique pour augmenter les impôts aux plus riches, ainsi comme l'implantation de mesures pour favoriser aux petits investisseurs qu'aux plus grands. Le résultat est la paralysie politique face aux désordres sociaux.  

    La situation actuelle est complexe et grave et demande des solutions sérieuses et pour le long terme.  Il est absurde de culpabiliser les courants "populistes", ou les préférences des citoyens d'un penchant pour les "fake news".  

     

     

     

    Branko Milanovic 

    Economiste et professeur à l'Ecole de Politiques Publiques à l'Université de Maryland

     

     

     

     

     


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     Ramon Ross

     

    Schopenhauer racontait comment un matin très froid, un petit groupe d'hérissons se regroupaient pour se réchauffer.

    Ils se serrèrent les un contre les autres. De plus en plus près, ils se gênaient avec leurs pics. Ils s'éloignaient et rapprochaient à nouveau, cherchant la bonne distance.  

    Le comportement humain est très similaire. Nous cherchons toute notre vie la bonne distance entre le besoin des autres et le besoin de nous mêmes. Aujourd'hui dans nombreuses de nos villes modernes, de très nombreux foyers sont habités par une personne seule. Un pourcentage qui serait sans doute plus élevé sans la récession économique qui sévissent certains pays.  

    la solitude est un sentiment très aigüe.  Pour certains est la grande trouvaille de la maturité. Un stade de bien être et source de paix. Pour d'autres par contre est une terrible expérience et une zone à éviter à tout prix. Il est vraie que jusqu'à présent nous avons jamais été éduqués pour la solitude. Chacun développais sont talent pour cela. Mais les chiffres sont révélatrices. Il est fort probable que, à une quelconque période de nos vies, nous puissions nous retrouver seuls. Il est possible aussi qu'il ne soit pas nécessaire de la fuir.

    Certains affirment même que, dans la solitude on trouve les raisons qui nous ont amenés jusqu'à elle. Ainsi donc, il s'agirais plutôt d'une question de préparation et confiance. De cultiver honnêtement nos vies. Cela demande à éviter la peur de s'aventurer dans ce terrain inexploré. Parce que la solitude sera toujours une rencontre qui nous obligera à affronter un bon nombre de questions sans réponse.   

    En ce temps où l'individualisme triomphe, les options se réduisent. Et même si la solitude pèse, un dialogue salutaire avec soi même reste toujours possible. Il reste aussi possible chercher de la compagnie. Parfois pour le bénéfice des deux parties. Parfois pour une solitude plus grande ; la pire des solitudes.

    Depuis notre enfance nous avons vécu avec l'obligation d'être entourés. Même dans des situations intolérables. Car s'éloigner impliquait l'exclusion, la non intégration avec les autres et cela s'signifiait la confrontation. Tout, mais jamais seul.

     

    Il est important de se frotter à la solitude. De bien se connaître. De bien prendre la dimension de soi même. De regarder la vie, face à face, avec confiance et générosité.

    Tout ce qui peut naître et grandir en nous en solitude, peut également être partagé avec les autres, mais depuis nos convictions bien acquises, dans la sérénité de notre force intérieur.  

     

     

     

     

    Julio César Alvarez/Tribuna/El País

     

     

     

     

     

     


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    Cela fera bientôt trois ans que j'ai publié mon premier article sur cette poudre alimentaire, dans mon cas Jake, que j'ai commencé à introduire dans mon régime perso. Les différents aspects  "techniques" de Jake (et les autres) je les ai déjà amplement commentés dans mes différents articles à ce sujet, 5/6 au total je crois bien. Je me suis aussi exprimé sur le côté émotif de mon choix.

     

    Il y a quelques mois, Jake a élargi sa gamme de produits avec deux parfums nouveaux, banane et fruits des bois, sur la base du déjà existant Jake Original avec un léger parfum vanille, ainsi que des barrettes de céréales . Ces nouveaux parfums restent discrets, tout en égayant le produit si besoin étais. Les composants du produit, restant les mêmes et, je dois dire de qualité invariable avec des ingrédients très frais. À ce sujet, on doit faire attention à l'utilisation de cette poudre par temps chaud en extérieur, car la préparation dans ces conditions fermente rapidement. Le maintenir donc au frais, glacière ou autre, ou le consommer après sa préparation. 

    Je rappelle que la préparation de ces poudres alimentaires se font très facilement en les mélangeant avec de l'eau...et c'est tout. Vous pourrez utiliser un shaker spécialement conçu à cet effet pourvu d'une spirale pour le mélange avec votre première commande (ou les suivantes) ; le résultat ainsi obtenu et en nombre de trois, vous fourniront l'équivalent d'apports nutritifs (plus quelques autres additionnels) en alimentation traditionnelle, pour une personne adulte et les activités normales correspondant à une journée. Jake ne contient pas des protéines animales.

    Pour les lecteurs qui prennent connaissance des poudres alimentaires, je rappellerais juste  quelles n'ont pas par but de remplacer la nourriture traditionnelle ou solide, car nous avons un appareil digestif complexe qui est conçu aussi pour mâcher les aliments. Non plus remplacer notre culture de la table, mais plutôt, l'enrichir, l'élargir, en prenant place dans des circonstances et situations ponctuelles ou régulières, liées à vos horaires, confort et bien sur, votre sensibilité à tous les sujets déjà amplement débattus sur la spéculation de la surproduction alimentaire et tous les méfaits environnementaux qui les accompagnent.

    Personnellement pendant les périodes que je consomme Jake (environ 6 mois par an et pour mes repas de midi seulement) je réduis considérablement les emballages de nombreux autres produits et compris boisons, car l'aspect liquide de la préparation participe également à l'hydratation.    

     

     

     

     

    Dans mon cas personnel Jake rempli parfaitement son rôle; dans mes circonstances professionnels et dans mes besoins énergétiques. Pour ceux qui se posent la question je dois dire que je ne suis pas ni végétarien ni vegane. Je mange de tout, mais modérément des protéines animales. J'ai même la chance de pouvoir préparer un petit potager avec quelques légumes et de disposer aussi de quelques arbres fruitiers. Disons que je m'applique à être un consommateur responsable. Je vois mal comment je pourrais alimenter mon corps, si en le faisant je serais en contradiction avec mon esprit.

    L'autre jour j'ai proposé un sachet de Jake à mon adorable voisine, qui   l'a décliné avec une expressive grimace en me disant...merci Angel, mais moi je mange de tout...Alors non chère voisine, moi je mange de tout et, c'est bien pour cette raison que je peux "aussi" consommer Jake.

     

    *Quelques liens en rapport avec cet article:

    http://reignac-ak.eklablog.com/24-jours-a119094628

    http://reignac-ak.eklablog.com/facteurs-du-comportement-alimentaire-a119112490 h

    https://jakefood.com/


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    Byung-Chul Han. Un visionnaire de notre temps

     

     

    Des tours jumelles, édifices qui se ressemblent entre eux et se reflètent mutuellement, un système enfermé sur lui même et, qui exclut la différence. Les gens qui pratiquent binge watching (consommation frénétique des séries télévisées), regardant seulement ce qu'ils aiment, jamais ce qui peut être différent, "l'autre"

    Ce sont des images qu'utilise fréquemment le philosophe Byung-Chul Han (Seul, 1959), un des plus importants observateurs de nos sociétés.

     

    Authenticité. Pour Han, les gens se vendent comme authentiques parce que " tous veulent être différents aux autres", ce qui les force à "s'auto produire". Avoir en soi un signe d'exclusivité. Cette  volonté répétitive exclu toute possibilité de vrai différence. Le résultat de ce système est qu'il ne permet que des différences commercialisables. 

     

    Auto exploitation. Nous sommes passés du " devoir de faire" à "pouvoir de faire". Nous vivons dans l'angoisse de ne pas faire toujours de notre mieux et, si par malheur nous atteignons pas le succès, nous culpabilisons. Aujourd'hui les personnes s'auto exploitent elles mêmes, tout en ayant le sentiment d'accomplir leur propre réalisation. C'est la perfide logique du néo libéralisme " il n'y a plus personne contre qui adresser la révolution". C'est l'aliénation de soi même. Anorexies et boulimies sont des traductions physiques de ce phénomène, ainsi que la sur consommation de produits et des loisirs. 

    Big data. Les macro donnés font superflues la réflexion par la pensée, car si tout est numérisable, alors tout es égal. L'homme n'est plus souverain de lui même, sinon le prisonnier d'une opération algorithmique qui le domine sans qu'il s'en aperçoive.

    Communication. Sans la présence de l'autre, la communication dégénère en un échange d'information. Les relations sont remplacées par les connexions. La communication digitale se fait seulement avec la vue, nous n'utilisons pas les autres sens. Pseudo présence et likes avec ceux qui communiquent comme moi.

    Jardin. Avant nous fessions tout avec les mains ; nous étions en "contacte" avec la réalité: couleurs, odeurs, sensations...nous avions un aperçu de l'altérité de la terre : la terre avait un poids. La réalité digitale n'a pas de poids, d'odeur, elle n'oposse pas de résistance ; tu passes ton doigt et ça y est...elle n'existe plus. La terre et sa diversité est bien plus que des codes binaires.

    Narcissisme. " Être observé aujourd'hui est le sujet central d'exister dans le monde". Mais le narcissiste est aveugle en regardant l'autre et, sans lui, est difficile de produire un sentiment d'estime de soi même. L'art en général est victime de cette dérive narcissique, n'existe que pour le service de la société de consommation.

     

    Les Autres. Plus les personnes se ressemblent, plus augmente la productivité. C'est la logique actuelle. Le capitalisme a besoin que tous soyons "les mêmes" , même les touristes. sans cette condition le néo libéralisme ne fonctionnerai pas. Nous vivons une époque de conformisme radicale ; l'université créée des travailleurs, mais ne forme pas spirituellement.

    Réfugiés. Han est très clair : avec l'actuel système néo libérale il n'y a plus de crainte, peur, répugnance pour les réfugiés. Ils sont perçus comme une charge que nous jugeons avec ressentiment ou envie. la preuve est que malgré le fait de les refuser chez nous, le monde occidentale passe ses vacances chez eux.

    Temps. Il est nécessaire de reprendre conscience de l'importance d'avoir un temps à nous, soutient le professeur à Berlin. L'accélération actuelle diminue la capacité de jouir d'un temps à nous que, le système productif nous prive. Le temps travaillé nous permet de consommer, mais il n'est pas du temps "pour nous".

     

     

    Carles Geli / El País

     


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