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    Byung-Chul Han. Un visionnaire de notre temps

     

     

    Des tours jumelles, édifices qui se ressemblent entre eux et se reflètent mutuellement, un système enfermé sur lui même et, qui exclut la différence. Les gens qui pratiquent binge watching (consommation frénétique des séries télévisées), regardant seulement ce qu'ils aiment, jamais ce qui peut être différent, "l'autre"

    Ce sont des images qu'utilise fréquemment le philosophe Byung-Chul Han (Seul, 1959), un des plus importants observateurs de nos sociétés.

     

    Authenticité. Pour Han, les gens se vendent comme authentiques parce que " tous veulent être différents aux autres", ce qui les force à "s'auto produire". Avoir en soi un signe d'exclusivité. Cette  volonté répétitive exclu toute possibilité de vrai différence. Le résultat de ce système est qu'il ne permet que des différences commercialisables. 

     

    Auto exploitation. Nous sommes passés du " devoir de faire" à "pouvoir de faire". Nous vivons dans l'angoisse de ne pas faire toujours de notre mieux et, si par malheur nous atteignons pas le succès, nous culpabilisons. Aujourd'hui les personnes s'auto exploitent elles mêmes, tout en ayant le sentiment d'accomplir leur propre réalisation. C'est la perfide logique du néo libéralisme " il n'y a plus personne contre qui adresser la révolution". C'est l'aliénation de soi même. Anorexies et boulimies sont des traductions physiques de ce phénomène, ainsi que la sur consommation de produits et des loisirs. 

    Big data. Les macro donnés font superflues la réflexion par la pensée, car si tout est numérisable, alors tout es égal. L'homme n'est plus souverain de lui même, sinon le prisonnier d'une opération algorithmique qui le domine sans qu'il s'en aperçoive.

    Communication. Sans la présence de l'autre, la communication dégénère en un échange d'information. Les relations sont remplacées par les connexions. La communication digitale se fait seulement avec la vue, nous n'utilisons pas les autres sens. Pseudo présence et likes avec ceux qui communiquent comme moi.

    Jardin. Avant nous fessions tout avec les mains ; nous étions en "contacte" avec la réalité: couleurs, odeurs, sensations...nous avions un aperçu de l'altérité de la terre : la terre avait un poids. La réalité digitale n'a pas de poids, d'odeur, elle n'posse pas de résistance ; tu passes ton doigt et ça y est...elle n'existe plus. La terre et sa diversité est bien plus que des codes binaires.

    Narcissisme. " Être observé aujourd'hui est le sujet central d'exister dans le monde". Mais le narcissiste est aveugle en regardant l'autre et, sans lui, est difficile de produire un sentiment d'estime de soi même. L'art en général victime à cette dérive narcissique, n'existe que pour le service de la société de consommation.

     

    Les Autres. Plus les personnes se ressemblent, plus augmente la productivité. C'est la logique actuelle. Le capitalisme a besoin que tous soyons "les mêmes" , même les touristes. sans cette condition le néo libéralisme ne fonctionnerai pas. Nous vivons une époque de conformisme radicale ; l'université créée des travailleurs, mais ne forme pas spirituellement.

    Réfugiés. Han est très clair : avec l'actuel système néo libérale il n'y a plus de crainte, peur, répugnance pour les réfugiés. Ils sont perçus comme une charge que nous jugeons avec ressentiment ou envie. la preuve est que malgré le fait de les refuser chez nous, le monde occidentale passe ces vacances chez eux.

    Temps. Il est nécessaire de reprendre la conscience de l'importance d'avoir un temps à nous, soutient le professeur à Berlin. L'accélération actuelle diminue la capacité de jouir d'un temps à nous que, le système productif nous prive. Le temps travaillé nous permet de consommer, mais il n'est pas du temps "pour nous".

     

     

    Carles Geli / El País

     


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    Quel avenir pour ceux qui ont déjà tout ?

    Pas tout le monde croit que le monde va mieux. Mais pour Max Roser , économiste à l'Université d'Oxford est une certitude. Il a publié récemment six graphiques qui montrent notre évolution ces 200 dernières années : pauvreté extrême, éducation basique, alphabétisation, citoyens vivant en démocratie, accès à la vaccination et mortalité enfantine.

    Alors, pourquoi avons nous si souvent le sentiment de que tout va de pire en pire?  D'après Roser les changements positifs ont besoin de temps, car les tendances se construisent sur le long terme, des décades et même parfois des siècles. Notre psychologie fait que nous faisons d'avantage attention aux évènements négatifs qui se succèdent au quotidien.

    Après la présentation de son travail, Roser insiste à ne pas devenir complaisants. Il n'y a aucune raison pour que cette tendance ne puise pas s'inverser. 200 ans en arrière nous ignorions que nous avions un problème. Aujourd'hui nous sommes capables d'identifier tous nos problèmes et, nous sommes capables de nos battre pour les résoudre et continuer d'avancer.

    20018...Quel avenir pour ceux qui ont déjà tout ?

     

    Pauvreté. Il y a 130.000 personnes de moins en situation de pauvreté qu'hier. On pourrait dire cela tous les jours depuis 1990. En 1820, seule une petite élite jouissait des standards de vie adéquats, pendant que la plus ample majorité vivait en conditions de pauvreté extrême. Depuis 1950, nous avons inversé cette tendance, grâce à la croissance de la productivité qui a compensé la croissance de la population par sept en deux siècles.

     

    20018...Quel avenir pour ceux qui ont déjà tout ?

     

    Alphabétisation. En 1820, seulement une de chaque dix personnes majeurs de 15 ans savait lire et écrire. En 1930 une sur trois. Aujourd'hui on approche le 85% du monde entier.

     

    20018...Quel avenir pour ceux qui ont déjà tout ?

     

    Santé. En 1820 le 43% des enfants mouraient avant cinq ans. Depuis nous avons amélioré sans cesse la qualité de la nourriture dans les foyers et l'hygiène,  en même temps qu'une politique de santé publique a été instaurée avec le développement des médicaments. Roser prévient, cette politique de santé a un peu faibli ces dernières années dans les pays pauvres.

     

    20018...Quel avenir pour ceux qui ont déjà tout ?

     

    Liberté. Ce graphique montre la population mondiale vivant en démocratie ou en régimes dictatoriaux. Au milieu se trouvent des systèmes assimilables à un mélange de démocraties et autocraties, où existe le droit de vote mais pas une véritable démocratie. En mauve, anciennes ou actuelles colonies. Actuellement, la moitié de l'humanité vit en démocratie, qui par contre progressent lentement car il s'agit d'un progrès "culturelle" plus difficile à réaliser. Il faut tenir compte également que 80% de la population sous régime dictatorial vit en Chine avec 1.300 millions d'habitants. 

     

    20018...Quel avenir pour ceux qui ont déjà tout ?

     

    Population. Entre 1900 et 2000 eut lieu la plus grande croissance en nombre d'habitants, qui passa de 1.500 à 6.100 millions. Pour ceux qui craignent la surpopulation de la planète, Roser rappelle deux facteurs. Un, la croissance est liée au maintient de la fertilité pour le support des ménages et à la chute de la mortalité grâce aux avancés de la santé. Deux, quand l'économie s'améliore, les couples ont moins d'enfants. La population pourrais arrêter de croître en 2075, atteignant 11.000 millions d'habitants environ. Par contre l'âge moyen augmenterait. C'est un défi, mais pas impossible à surmonter si nous atteignons ensemble un bon développement.

    Education. Les jeunes reçoivent plus et meilleur éducation que leurs aînés depuis des générations selon Roser. Si cette tendance se maintient, en 2100 il y aura plus de 7.000 millions de personnes avec au moins l'éducation secondaire. L'éducation est l'un des principaux facteurs d'optimisme face au futur. Elle a des conséquences positives dans l'économie, donc sur la réduction de la pauvreté, la diffusion des valeurs démocratiques et la santé.

     

    Alors tout va vraiment mieux?

    Non. Il ya 200 ans, la qualité de notre environnement étais de meilleur qualité. Ne pas seulement par le réchauffement global, mais aussi par le nombre d'espèces disparues et une plus vaste biodiversité. Mais nous le savons et travaillons dur pour reverser la tendance. Roser ne s'exprime pas sur les conflits armés, car d'après lui sont difficiles à extrapoler aux autres sujets de son étude, tout en affirmant que toutes les sociétés en générale acceptent de moins en moins  les différents conflits qui les touche personnellement ou même aux autres, grâce à l'information mondialisée et les prises de conscience sur tous les sujets existentiels.

     

     

    Selon Max Roser une inertie humaniste travaille inlassablement pour améliorer le monde 

     

     

    source: Verne / El País

     

     

     

     


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     Pour amateurs de Blade Runner 

     

    Bienvenus dans le futur !  Car il est arrivé chez nous il y a de cela quelques semaines, sans pour autant faire beaucoup de bruit.

    Alpha Zéro, programme d'intelligence artificielle propriété de Google depuis le rachat de Deep Mind en 2014, a battu l'ordinateur Deep Blue créé par Microsoft qui avait déjà battu lors d'un match légendaire en 1997  Gary Kasparov, champion du monde d'échecs du moment.

    Mais contrairement à Deep Blue, Alpha Zéro n'est pas constitué d'informations humaines. Sa compréhension des échecs, au delà des principes de base, s'est construite avec sa propre capacité d'auto apprentissage.  Après avoir joué presque cinq millions de parties contre lui même pendant quatre heures, Alpha Zéro obtint la même expérience du jeu que les humains en 1400 ans. Partant d'une feuille blanche il fut capable de nourrir la toile neuronale de laquelle il est constitué, pour imaginer des mouvements sur l'échiquier jusqu'à atteindre des limites insoupçonnables et sans aucune intervention humaine.  

    Sur un lot de 100 matchs, Alpha Zéro obtint 28 victoires et aucune défaite sur  Stockfish le programme de Deep Blue, alimenté lui de connaissance humaine.

    "Je me suis toujours demandé comment serait une race supérieure qui arriverai sur terre pour nous montrer leur façon à eux de jouer aux échecs. Maintenant je le sais."                   Peter Heine Nielsen, annaliste de Magnus Carlsen

    "L'habilité d'une machine à répliquer et dépasser des siècles de connaissances est un outil qui peut changer le monde"                   Gary Kasparov

     

    Le plus gros inconvénient des robots actuels c'est qu'ils ne ressemblent pas humains. Mais pour certains groupes technologiques, le sujet est devenu leur principale activité de recherche afin de doter d'un vrai corps, à une intelligence artificielle qui elle est de plus en plus perceptible et, qui couplé à l'intelligence humaine suggère des prouesses d'une valeur inestimable. Pour rééquilibrer cette parité, cerveau corps, des entreprises n'hésitent pas à faire appel à des artistes spécialisés. 

     

     

     

     

    Des exemples comme Han, Jia Jia, Erika ou Sophia montrent le progrès réalisé ces dernières années, dont Sophia est la robot de IA le plus sophistiqué à nos jours et le premier à bénéficier d'une nationalité et d'un passeport (Arabie Saoudite).

    "Il est prévu que des machines assumeront des tâches massives dans l'éducation, la santé et la sécurité, des secteurs où il sera préférable d'interagir avec des robots avec un aspect humain convainquant" 

     

     

    Sources: 

    Roberto Rodriguez/14-12-2017/ La Vanguardia

    Josep LLuís Micó/16-12-2017/ La Vanguardia  

     


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    Illustration de Steve Lopez. Vitrail d'un robot entouré de ADN

     

    Apparaissent les techno religions avec l'émergence d'un dieu machine, ou l'annonce de la naissance du homo deus, en passant par des croyances qui cherchent à atteindre la vie éternelle à travers une copie cognitive, émotionnelle et spirituellement  identique à chaque personne grâce à la technologie, ou les pasteurs chrétiens qui encouragent à tirer profit de la science pour rénover l'image de dieu et évangéliser les robots.

    Il y a des dizaines d'organisations, associations, institutions et centres d'investigation en train de reconfigurer les idées religieuses, forgeant des nouvelles notions au tour d'un dieu, issu des avancés de la science et la technologie. Ce mouvement global, née aux Etats Unis, commence à être connu comme " les techno religions". Pour eux, les questions sans réponse de notre Dieu et, les contradictions dramatiques liées à notre existence, gagnent en force au moment ou la biotechnologie, la nanotechnologie et l'intelligence artificielle, sont sur le point de créer l'homo deus immortel. 

    Il y a une grande diversité de discours au tour d'une nouvelle foi sur le pouvoir omnipotent de la technologie, pour vaincre la finitude, la souffrance et, tout le mal existant dans la condition humaine. Ces voix d'intellectuels et scientifiques de renom, financés par Google ou la Nasa, sont en train de réussir une nouvelle irradiation idéologique, notamment aux Etats Unis et au japon. 

     

    L' Eglise de la IA, ou l'adoration d'une divinité du hardware et software:

    Anthony Levandowski, ex ingénieur de Google et Uber, vient de fonder Way of the Future, qui place la IA et les robots au centre de la espèce dominante de la planète. Son idée fondatrice établi l'ascension et l'acceptation de la divinité machine sur l'intelligence humaine.

     

    La Fondation Terasem, ou le culte de la vie éternelle avec la ciberconscience:  

    La Fondation Mouvement Terasem est une autre religion futuriste qui promue l'idée d'un dieu technologique. Créée par Martine Rothblatt, sa doctrine est que la mort est optionnelle, car on peut créer un "analogue conscient" d'une personne, avec la conbinaison de son cerveau et ses expériences vécues, avec des futurs softwares de conscience qui pourront s'implanter dans un corps biologique.   

     

    La nouvelle Bioéthique, ou l'amélioration génétique comme bénéfice à la procréation:

    Julian Savulescu, expert en étique pratique à l'Université d'Oxford, soutient que l'homme s'achemine vers le roll de dieu, car le potentiel de créer la vie par la technologie est bien réel et, défend l'idée d'appliquer tout le progrès scientifique sous une étique séparée des préjugés religieux et métaphysiques. Sa thèse la plus représentative serait le Principe de bienfaisance procréative, ou l'obligation morale d'améliorer génétiquement les nouveaux nées, au sujet de leur santé mai aussi sur leurs capacités cognitives et affectives.

     

    " Cet article est assez long et riche d'information. Pour tous ceux passionnés de spiritualité et comportements sociaux, je laisse le lien de l'article avec le nom de son auteur. Salutations à tous"

     

     

    Mayte Rius / La Vanguardia

     

     

     


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     Nous irons tous au paradis

    Jürgen Vogel 

     

     

    Le dernier étude de l'Itep, " Institute on Taxation And Economyc Policy " des EE.UU, vient d'être publié très récemment. Il en résulte que les entreprises du Fortune 500 (c'est à dire, les plus puissantes au monde) détiennent entre les différents paradis fiscaux, l'équivalent à 2,6 billions de dollars en cumul de bénéfices, partagés entre 9.700 filiales fictives. Bénéfices sur lesquels le taux d'imposition aux Etats Unis  représente 750.000 millions. Le double qu'en 2010.

    Par ordre d'importance, Apple avec 246.000 millions (en Irlande). Apple économise ainsi en impôts 76.700 millions environ. 

    Goldman Sachs, la puissante banque américaine est celle qui possède la plus grande quantité de filiales fictives, 905 dont 511 dans les îles Caïman. Goldman Sachs est le vivier des conseillers économiques de la Maison Blanche. 

    Il faut ponctualiser que le concept de paradis fiscal employé par les analystes du Itep est en lui même discutable : la preuve est que le récepteur le plus populaire de ce groupe n'est pas une île tropicale, mais l'Hollande. Faute d'un critère uniforme, ils sont considérés comme des paradis fiscaux les zones avec un traitement d'impôts très bas ou nuls, ou qui offrent des avantages fiscaux abusives aux non résidents, qui empêchent l'identification des bénéficiaires réels et qui refusent toute coopération avec d'autres administrations. Dont leur appellation de pays offshore ou plateformes transfrontières. 

    Cette basse de donnés est utilisée aussi par l'organisation Oxfam-Intermon, qui vient de publier aussi son étude sur les inégalités, cet argent que nous ne voyons pas. Pendant ces derniers quinze ans, l'investissement mondiale dans ces paradis fiscaux a été multiplié par quatre et depuis 2008 a grandi de 45%, plus du double que l'économie mondiales pour la même période !

    Cette sortie massive des capitaux vers des horizons plus amicaux, se produit au moment dont les gouvernements occidentaux annoncent un programme de significatives réductions d'impôts aux entreprises.

    L'organisation Oxfam-Intermon, suggère de son coté quelques mesures de control, pour diminuer la fuite des capitaux vers les paradis fiscaux. Introduire des mécanismes pour empêcher les contrats publiques aux entreprises qui opèrent via des plateformes financières défiscalisées. Aussi, obliger aux grandes entreprises à publier leurs donnés comptables pays par pays. Harmoniser une base fiscale imposable au niveau européen. Mais logiquement, il faudrait déjà se mettre d'accord sur la définition même de paradis fiscal.  

    Ces énormes sommes d'argent mises à l'écart des projets sociaux dans les pays où elles sont produites, représentent un manque de solidarité flagrant. Le consommateur, qui prend conscience depuis quelques années de la qualité environnementale qui régis aussi bien sa santé, que la qualité de sa vie sociale, finira par comprendre le pouvoir énorme qui détient par son rôle de consommateur et pourrais pénaliser par son simple choix ces entreprises qui s'enrichissent en contournant les lois. Aujourd'hui toutes les grandes entreprises qui fabriquent des objets de grande consommation, producteurs ou prestataires de services, ont des nombreux concurrents, souvent plus petits mais qui offrent des produits et des services de qualités comparables, parfois supérieures, à des prix souvent inférieurs...et qui payent leurs impôts dans les pays où ils produisent, travaillent et emploient de la main d'œuvre locale dans le respect des lois... dans le respect de nous tous.

     

    Piergiorgio M. Sandri / La Vanguardia                                                                            angepynka

     

     

     

     

     

     

     


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