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    Empathie et humanisme 10

     

     

    La vie semble avoir d'autres dimensions plus humaines quand je suis entre ces gens; dans leurs îles perdues et oubliées de la civilisation. Je me sens loin, très loin de tout ce que je connais. Planteurs, missionnaires, marins, trafiquants, éleveurs de bétail et colons, forment une gallérie de personnages  extraordinaires et anonymes, parmi lesquels les vieux vocables amour, dignité, instincts, ont toujours la valeur et leur signification ancestrale.

    Capables de déplacer des montagnes, contenir l'avancé de la forêt, fertiliser les sables sèches ou le corail stérile, ces hommes ignorés de tous gagnent lentement tout ce qu'ils possèdent. Chaque jour justifie une nuit. Chaque repas un travail. Et toute saoulerie une joie ou une tristesse.

    Comme des clochards de notre époque, je les croise ici et là, au long de mon chemin. Il y a quelque chose de bien particulier dans l'atmosphère de tous les instants, une sensation à vieux temps qui glisse et se recompose avec harmonie, construisant les mois et les années.

     

     

    Julio Villar/ cahier d'un navigant solitaire


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    L'homme est déjà une espèce animale à prédominance urbaine: plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes de plus de 300.000 habitants, et sa croissance s'est accélérée depuis la fin du dernier millénaire; on prévois que ce pourcentage atteigne le 70% de la population mondiale en 2050.

    "Ce n'est serais un jeu de mots de dire que, nous sommes en train de vivre le tournant plus significatif de l'histoire de l'économie", signale le cabinet expert en études socioéconomiques McKinsey, dans un dossier sur le monde urbain. Car, non seulement la population se cumule dans les villes, mais encore la richesse se concentre de forme encore plus accélérée, de telle façon que, en ce moment même, le 23% de la population mondiale vit dans les 600 villes les plus dynamiques et, celles ci génèrent le 55% du PIB...ce pourcentage atteindra le 58% en 2025.  

    L'Agence des Nations Unies pour l'Habitat et le Développement Urbain Durable, souligne que la croissance urbaine accélérée est une conséquence, inattendue, du développement de l'économie de la connaissance. 

    "Nous pensions que les nouvelles technologies de l'information favoriseraient la décentralisation de ces emplois, mais il s'est produit le contraire: elles se concentrent dans les villes, ou en zones urbaines spécifiques, avec une grande qualité de vie, et créent des nouveaux secteurs économiques avec des emplois de haut valeur ajouté". 

    Ce phénomène fut bien décrit par le prix Nobel d'Economie, Paul Krugman, comme l'Economie de l'Agglomération: la valeur ajouté de l'emploi croît d'avantage selon la plus grande dimension de la ville. "Par exemple dans le secteur des finances: Nous avons Londres et 3 ou 4 autres villes. Il en va de même dans les secteurs leaders en croissance économique mondiale comme la biotechnologie, la génétique, le software ou l'intelligence artificielle".
     

    De fait, depuis le début de l'urbanisation européenne, pendant le bas Moyen Âge, les villes ont été le moteur de la croissance par sa capacité à attirer les investissements et les métiers qualifiés. "Pendant l'ère industrielle la relation entre croissance et taille de la ville, n'était pas aussi directe. Malgré que les prestataires de services se concentraient dans le centre des villes, l'industrie et leurs emplois restaient dans les zones périphériques". 

    Les plus grands changements de l'urbanisme, cependant, se produisent dans les pays en voies de développement, car "L'Europe s'urbanisa pendant le XXème siècle et, elle possède déjà le 75% de sa population concentré dans les grandes villes et, également dans les Etats Unis d'Amérique, qui possèdent le 82%". Cette croissance urbaine a été produite dans un premier temps par la migration des zones rurales envers la ville et, plus récemment par la migration internationale". Dans des nombreuses villes cohabitent les nouveaux riches avec des millions de pauvres installés dans des quartiers marginaux et bidons villes, générant ainsi des problèmes sociaux d'un genre nouveau.

    La dichotomie campagne-ville n'est pas nouvelle et, les différences entre ces deux communautés se sont réduites ces dernières décennies, parce que le monde rurale n'est plus isolé et leurs habitants connaissent bien la ville. De l'avis de Lopez Gay, les grandes différences aujourd'hui sont d'ordre démographique. "La ville attire les jeunes et, en particulier les mieux formés professionnellement, laissant ces dernières décennies les zones rurales dépeuplées et vieillissantes".   

    Dans les zones rurales habitent les populations moins qualifiés (17% des jeunes adultes possèdent une formation universitaire, face à 35% dans les villes de plus 100.000 habitants). Les citadins, de ce fait, sont plus jeunes, vivant souvent dans des foyers non traditionnels (monoparentaux, familles recomposées, en colocation etc...) possèdent une expérience personnelle ou familiale issue de l'émigration, de la diversité ethnique, plus ouverts aux déménagements, à voyager et, une projection personnelle et sociale moins locale. Néanmoins, intégrer cette diversité représente aussi une épreuve: éviter la ségrégation urbaine.

    Toutes les villes ne sont pas riches: en particulier celles des pays en développement, mais aussi les banlieues de Paris ou Bruxelles, où vivent des millions de personnes sans emploi ou avec des emplois à faible valeur ajouté. Il existe également un monde rural riche. Les zones subventionnées des Etats Unis et l'Europe, très mécanisées et innovatrices, même si la cohabitation  existe aussi avec des zones appauvries, de vieilles industries en déclin.  

     

     
    Rosa Salvador / La Vanguardia
     

     

     

     


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    La prochaine révolution

     

     

    Le monde moderne est issu de trois révolutions sociales: la française et l'américaine, qui ouvrirent le chemin de la liberté et la démocratie et, la russe, qui échoua dans son essaie pour résoudre l'inégalité. Néanmoins, dans notre XXI siècle a éclaté une révolution silencieuse qui curieusement et, même après la disparition de l'esprit révolutionnaire, est en train de se consolider. Cette révolution est née de l'échec des systèmes, qui montre les causes du premier tour des élections présidentiables françaises, dont les votes ont abandonné radicalement les partis traditionnels qui ont gouverné la V République, pour les donner à ceux qui prônent le changement. 

    Emmanuel Macron et Marine Le Pen partagent en commun le fait d'avoir enterré le système français. Le Pen, de façon violente, jouant la carte d'une France renfermée sur elle même. Et Macron, qui accepte la nécessité du changement mais qui prétend le faire de la meilleur façon possible. Leur ascension montre que les crises économiques et l'impunité (la corruption et les connivences) mises en place par les différents groupes politiques dits "classiques" ont fini par mettre en évidence les défauts structurels, qui ont soumis aujourd'hui l'Europe dans la recherche de nouvelles alternatives.

    Maintenant, c'est qui est très étonnant est la probable victoire du centriste Macron pour le second tour du 7 mai et, que celle ci serait interprété comme un soulagement face à l'envolé du Front National. Ceci serais une erreur car, l'extrême droite n'est pas la seule menace latente: la plus grande menace est l'épuisement même du système, qui montre clairement le triomphe de l'inefficacité,  l'impunité et l'incapacité de créer une réelle dynamique de modèles alternatifs.

    Le Brexit fera partie de l'histoire moderne d'Europe, mais en l'étudiant, outre cette réaction un peu curieuse mais légitime et démocratique du peuple britannique, il faudra tenir compte d'autres aspects. Par exemple, que faisaient, où étaient ils et à quoi pensaient ils les bureaucrates de Bruxelles, juste avant que David Cameron mette en place le referendum, à la suite des négociations aussi stupides que stériles face aux demandes britanniques. Nous avons construit sur le vide en déplaçant les problèmes immédiats, au lieu de nous fournir de solutions structurelles fiables.

    Les citoyens ne veulent plus des politiciens conventionnels. Ils représentent les politiques de l'échec et l'immobilisme. C'est la raison qui a donné le pouvoir à Trump, voté le Brexit et, s'approcher dangereusement de l'ultra droite de Le Pen pour la présidence en France.

    Cependant, l'échec est à nous tous, car ni les politiciens ni les citoyens n'ont vu arriver cette révolution de l'échec, de la même façon qu'ils n'ont pas été capables de trouver les solutions pour résoudre les problèmes liés à l'impunité et la corruption, pour mieux organiser nos sociétés ; les conduire au delà de la haine et l'intransigeance.

    Si Macron l'emporte, il aura la possibilité de commencer la construction d'un système qui pourrais s'articuler autour d'un nouveau modèle pour l'Europe, s'éloignant de l'autisme des fonctionnaires et l'hégémonie allemande. Mais à présent, la seule certitude pour le continent c'est que, au beau milieu d'une crise sans précédents, personne a la capacité de surmonter la frustration des idéaux trahis  réitérément par les différents gouvernements.

     

     

    Antonio Navalón / El País

     

     

     

     


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    À propos "encore"de l'orgasme féminin

     Jessica Lange, photogramme du film : Le facteur sonne toujours deux fois

     

    Sous les couches endurcies de l'évolution, modernité et liberté sexuelle, une question ancestrale continue de se poser. Une question qui englobe toute notre civilisation, incapable encore de répondre. À quoi sert l'orgasme féminin? ; qu'elle est sa véritable fonction?

    Depuis que l'être humain, déjà redressé sur ses pates arrière, commença à observer son corps, il a pris connaissance des fonctions de son anatomie: le cœur pompe le sang. Les poumons aspirent l'air dont le corps a besoin, etc. Et, pour les mâles, le climax sexuel (l'éjaculation) a une mission déterminante: la reproduction. Le plaisir est un bonus, d'après la science; un aspect addictif qui complémente et induit à la perpétuation de l'espèce.

    Mais la conception peut bien avoir lieu sans le plaisir féminin. Il n'a pas de lien établi entre l'orgasme et la reproduction.

    Aristote fut le premier à étudier le sujet, mais conclut que, comme pour le reste, la femme étais inférieure à l'homme et que dans le rapport sexuel, seul le plaisir de l'homme comptait car la procréation étais en jeu, le corps de la femme n'étant que le lieu récepteur et support matériel de la gestation. Pour Aristote, l'homme représentait le flux spirituel. dans la comparaison de ce couple, les défauts de la femme lui apparaissaient comme "naturels".

    Galien, médecin romain, fut le premier à esquisser un désaccord. S'efforça de doter la femme d'un véritable esprit et d'une force créatrice de vie que, selon lui se manifestait par une substance générée lors de l'accouplement. Le sperme féminin devrai se mélanger à celui de l'homme pour engendrer. Sa fonction étais d'exciter sexuellement la femme, dilater le col de l'utérus et ainsi faciliter sa fécondation.

    Le désaccord entre galiénistes et aristotéliques se perdit dans le moralisme du christianisme postérieur qui ne voyait dans le sexe qu'un outil exclusivement voué à la reproduction.

    Néanmoins, pendant les siècles XV et XVI, ont convint d'une sorte de solution salomonique entre les deux courants: Si bien la jouissance n'étais pas nécessaire à la fécondation, elle aidais à la perfection de la vie conçue. On pensait que les bébés engendrés avec le plaisir féminin étaient porteurs d'une meilleur santé et d'autres qualités.    

    Depuis se sont succédés des nombreux études avec leurs trouvailles révolutionnaires. Merci à Masters et Johnson, à Freud et ses réflexions sur l'orgasme vaginal et clitorien.

    Et nous sommes toujours là. Philosophes, anthropologues, zoologues, scientifiques et génétistes, coincés dans les mystères de la sexualité: à quoi sert l'orgasme féminin? Personne n'arrive à donner une réponse définitive sur la question.

    En 2005, la philosophe scientifique Elizabeth Lloyd, publia un livre controversé dans le Harvard University Press, The case of the Female Orgasm. Loin d'apporter des réponses, Lloyd, après revoir toutes le hypothèses à disposition, envisagea la question d'une autre façon: À quoi? Non: Pour quoi.. 

    La conclusion de Lloyd est la suivante: Au moment présent, la science ne possède une explication valide sur la fonctionnalité biologique de l'orgasme féminin. La position de son travail est clairement évolutionniste et, si elle devrais de donner par force une réponse à la question à quoi sert il?, son livre nous amène tout droit à deux choses concrètes: les tétons masculins.

    À quoi servent les tétons masculins? Quelle est leur fonction?

    La première réponse que nous vient à l'esprit c'est...à rien. Ils ne jouent aucun rôle dans la reproduction chez le mâle. Ils sont un vestige biologique appartenant aux deux sexes: "le mâle et la femelle ont la même structure anatomique pendant deux mois de la croissance de l'embryon, avant que les différences sexuelles soient établies. La femelle obtient l'orgasme perce que le mâle en aura besoin plus tard, de la même façon que le mâle reçoit les tétons parce que la femelle aura besoin". En outre, Lloyd avance une distinction capitale: reconnais et accepte que le plaisir que les femmes obtiennent du sexe, a la fonction biologique de stimuler l'activité sexuelle (et avec elle la reproduction), mais ceci est différent à la fonctionnalité biologique et spécifique de l'orgasme.

    Apparemment, l'orgasme féminin serait une lumière que la nature (heureusement) aurais oublié d'éteindre. Lloyd admet: par le moment elle ne peut donner meilleur explication.

    Ainsi donc nous avançons mais, nous n'avons toujours pas de réponse définitive. Peut être nous continuons à mal poser la question. L'orgasme féminin n'a pas besoin d'aucune fonction biologique pour se justifier; le plaisir est sa plus forte revendication.

    Comme si nous aurions du mal à accepter que, au plus haut du climax, battrait encore un fond sauvage de sauvage vérité.

    An orgasm a day keeps the doctor away.  (Mae West)

     

     

    Jot Down / Barbara Ayuso

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    Réflexions sur la robotique... 

     

     

    ...En attendant le transhumanisme

     

     


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